0005_00b_100D'abord refusée par la Revue de Paris, cette nouvelle, intitulée La Fanfarlo, paraît une première fois en janvier 1847 dans le Bulletin de la Société des Gens de Lettres, par les bons soins de Charles Asselineau. Cette nouvelle met en scène un dandy, écrivain raté, sous les traits de Samuel Cramer (où l'on pourrait voir une sorte de double de Charles Baudelaire lui-même). Même cette histoire eut sans doute à l'époque que peu de succès et sa publication, presque confidentielle en était la preuve.
Quelques années plus tard, Baudelaire cherche tout de même à faire éditer de nouveau La Fanfarlo. Pour ce, après 1848, il active ses connaissances dans les clubs républicains. Cette à cette occasion, par l'intermédiaire de son ami Alphonse Esquiros qu'il fait la connaissance de l'éditeur populaire Joseph Bry. En 1848, ce nouvel éditeur a commencé le publication de sa collection à 20 centimes, les Veillées littéraires illustrées, principalement destinée à un public familial. Curieusement, La Fanfarlo, nouvelle désinvolte et aristocratique, semble n'avoir que peu d'affinité avec les objectifs d'éducation que Joseph Bry destine aux Veillées littéraires illustrées.
Mais, il est vrai que l'engagement de Charles Baudelaire, en février 1848, est certain. Le poète participe au club Blanqui et publie durant cette période une feuille socialiste aux côtés de Champfleury et de Charles Toubin, ayant pour titre Le Salut Public. L'éditeur Joseph Bry en est également très proche.
Néanmoins, l'association entre l'éditeur et le poète semble curieuse, d'autant que la nouvelle de Baudelaire ne possède aucun caractère politique, ni même républicain. De plus, Baudelaire n'appréciait guère l'éditeur Joseph Bry. D'autant plus, que l'éditeur de la rue Guénégaud avait estropié le nom du poète sur la couverture. L'épisode est raconté dans La Petite revue en 1866 :
"L'éditeur Bry aîné, lui, est moins indécis envers ses auteurs. Dans son édition de La Fanfarlo de Baudelaire, il n'hésite pas à signer ce roman de Charles BEAUDELAIRE.
Baudelaire aurait dédaigné de protester cette fois-là [...]".

La nouvelle sera éditée à la fin d'une livraison, au cours de l'année 1849, à la suite de Mlle de Kérouare par Jules Sandeau et Le siècle des Vertus, poème de L. Bougarre. L'ensemble pourra passer inaperçu, comme les deux vignettes, bien sages, qui y sont associées. Les relations entre Charles Baudelaire et Joseph Bry cesseront là.

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