Laurent Tisné, par ses mises en pages, fut l'un des premiers en France à essayer de transformer l'attitude visuelle du lecteur. Il apporta un style inédit aux livres pour enfant et par delà au graphisme destiné à la jeunesse..

tisnejoachimFils de Pierre Tisné, éditeur d'art, Laurent Tisné sera d'abord directeur de la collection d'ouvrages pour enfants chez Hatier. Il va tenter dans cette vénérable maison de transformer les habitudes, notamment par des mises en pages novatrices. C'est chez Haiter, qu'il publia ainsi, en autre, La Craie Magique de l'écrivain et critique théâtral Zinken Hopp, illustré par Gian Berto Vanni (Oscar de l'album, 1958) et Joachim quelque chose de François Regis Bastide (1959). Tisné fait aussi appel à des illustrateurs peu connus à l'époque comme Annick Delhumeau, Colette Portal ou Sylvie Sellig.

De retour dans la maison familiale d'édition d'art, Laurent Tisné conçoit alors, à partir de 1964, un livre objet, Love, conçut et réalisé par Gian Berto Vanni. Fait de papier colorés découpés, cet ouvrage peut se rapprocher de la démarche de Warja Lavater. Il tente par la couleur et par la forme (de la mise en page comme du dessins) de traduire visuellement un vannilovehistoire racontée en version bilingue par Lowell A.Siff. Ce livre à trou révèle sen somme une ironie graphique par l'intensité dramatique qui au fil des pages se construit sous le yeux du lecteur.

Laurent Tisné publiera jusque dans les années 1970, mais l'éditeur venait trop tôt pour que sa démarche soit comprise et ses livres n'eurent que très peu de réussite commerciale. Laurent Tisné reste néanmoins, dans l'histoire de l'édition jeunesse française, un célèbre découvreur de talents.